Nicolas
Spécialiste fiscalité & démarches expatriation
En bref
IFICI Portugal est le régime fiscal préférentiel qui remplace le NHR depuis 2024. Il impose les revenus portugais qualifiés à un taux forfaitaire de 20 %, exonère la majorité des revenus étrangers, et reste accessible pendant 10 ans sous condition de ne pas avoir été résident fiscal portugais lors des cinq années précédentes. Les pensions et revenus provenant de pays blacklistés restent taxés au droit commun.
Le Portugal impose les bénéficiaires de l'IFICI Portugal à un taux forfaitaire de 20 % sur leurs revenus d'activité de source portugaise, là où le barème général peut monter jusqu'à 48 %. C'est le successeur direct du NHR, supprimé fin 2023. Le dispositif est opérationnel depuis le 1er janvier 2024 et reste ouvert aux nouveaux candidats en 2026, mais les conditions ont changé. Voici ce qu'il faut vérifier avant de postuler.
Quatre conditions cumulatives s'appliquent. D'abord, devenir résident fiscal portugais l'année de la demande, au sens du droit interne : soit plus de 183 jours sur le territoire au cours d'une période de 12 mois commençant ou se terminant dans l'année civile, soit disposer d'une résidence habituelle au Portugal à un moment quelconque de cette période, avec intention d'en faire sa résidence principale.
Ensuite, ne pas avoir été résident fiscal portugais lors des cinq années précédant la demande. C'est le même délai de carence que l'ancien NHR. Troisième condition : ne pas avoir déjà bénéficié du NHR ou de l'ancien régime des résidents de retour. Enfin, exercer une activité qualifiante reconnue par la législation portugaise : emploi salarié, activité indépendante ou investissement dans des secteurs définis (technologie, recherche, industrie à forte valeur ajoutée, entre autres).
Si tu rentres dans ces cases, l'IFICI peut s'appliquer dès la première année de résidence. Pour les démarches de résidence en amont, consulte le guide complet sur la résidence au Portugal.
Les revenus d'emploi et d'activité indépendante de source portugaise qualifiants sont imposés à 20 % fixe, sans possibilité d'option pour le barème progressif sur cette partie. C'est le taux central du régime.
En parallèle, une taxe additionnelle de solidarité s'applique sur les hauts revenus : 2,5 % sur la tranche entre 80 000 € et 250 000 €, et 5 % au-delà de 250 000 €. Elle s'applique indépendamment du statut IFICI, sur les revenus soumis à l'impôt au Portugal.
Le barème général, rappel utile pour les revenus non couverts par le régime, monte de 12,50 % (jusqu'à 8 342 €) à 48 % (au-delà de 83 696 €). Le Budget de l'État 2026 a ajusté les tranches à la hausse de 3,51 % et réduit de 0,3 point les taux des 2e à 5e tranches, pour la quatrième année consécutive.
C'est là l'avantage majeur du régime. Sous l'IFICI, les revenus de source étrangère suivants sont généralement exonérés d'impôt au Portugal : revenus d'emploi, revenus d'activité commerciale ou indépendante, revenus du capital (dividendes, intérêts), revenus locatifs, et plus-values.
Deux exceptions importantes. Les pensions perçues de l'étranger ne sont pas exonérées sous l'IFICI, contrairement à ce que permettait l'ancien NHR dans sa version initiale. Et les revenus provenant de pays figurant sur la liste noire portugaise des juridictions non coopératives restent imposables au Portugal au taux de droit commun.
Rappel de base : les résidents fiscaux portugais sont imposables sur leurs revenus mondiaux. L'IFICI crée une dérogation partielle à ce principe, mais elle ne couvre pas tout. Pour comparer avec d'autres dispositifs européens, le régime Beckham en Espagne fonctionne sur une logique proche mais avec des seuils différents.
La demande se dépose auprès de l'Autoridade Tributária e Aduaneira (AT), le fisc portugais, via le Portal das Finanças. Elle doit être soumise jusqu'au 15 janvier de l'année suivant l'année d'établissement de la résidence fiscale. Rater cette date, c'est perdre le bénéfice pour l'année concernée.
Les documents à rassembler incluent la preuve de résidence fiscale portugaise (contrat de bail, acte de propriété, attestation de résidence), la preuve d'activité qualifiante (contrat de travail, inscription à l'Ordre des professionnels, attestation employeur), et un NIF portugais actif. Sans NIF, rien n'avance. Le guide sur le NIF Portugal détaille la procédure d'obtention.
La déclaration annuelle de revenus (IRS Modèle 3) doit être déposée avant le 30 juin de l'année suivant l'année de revenus. L'avis d'imposition est émis par l'AT avant le 31 juillet, et le paiement est dû avant le 31 août.
Dix ans. C'est la durée maximale du bénéfice IFICI, à compter de l'année de la première demande acceptée. Le statut ne se renouvelle pas au-delà : une fois les 10 ans écoulés, le contribuable bascule dans le régime général.
Pendant ces 10 ans, il faut maintenir la résidence fiscale au Portugal et continuer à exercer une activité qualifiante. Un départ à l'étranger en cours de période, même temporaire, peut remettre en cause le statut si la résidence fiscale portugaise est perdue. La condition des 183 jours ou de la résidence habituelle doit être vérifiée chaque année.
Premier risque : le contrôle fiscal. Les inspections couvrent une prescription de 4 ans. En 2026, l'AT peut donc revenir sur les exercices 2022 et suivants. Les autorités portugaises appliquent de plus en plus la clause générale anti-abus (GAAR) et adoptent une approche plus restrictive sur la substance économique réelle. Un statut IFICI obtenu sur une activité fictive ou peu documentée est exposé.
Deuxième risque : les conventions fiscales. Le Portugal a signé des conventions avec de nombreux pays. Mais l'application concrète dépend de la convention concernée et de la qualification des revenus. Une exonération côté Portugal ne garantit pas une exonération côté pays source. Il faut vérifier la convention applicable à chaque flux.
Troisième risque : les revenus de pays blacklistés. Tout revenu étranger provenant d'une juridiction non coopérative reste imposable au Portugal, même sous IFICI. La liste est mise à jour périodiquement.
Si tu veux évaluer si ce régime correspond à ta situation, le questionnaire QFR permet d'identifier le pays et le dispositif les mieux adaptés à ton profil. Et pour une vue d'ensemble sur l'expatriation au Portugal, le guide complet s'expatrier au Portugal reste la référence.
Pas exactement. L'IFICI reprend la structure de base du NHR (taux de 20 % sur les revenus portugais qualifiés, exonération des revenus étrangers dans la plupart des catégories, condition de non-résidence sur 5 ans) mais diffère sur deux points majeurs : les pensions étrangères ne sont plus exonérées, et les activités qualifiantes sont définies de façon plus restrictive. Les personnes ayant déjà bénéficié du NHR ne peuvent pas postuler à l'IFICI.
En principe oui, les dividendes de source étrangère font partie des revenus de capitaux mobiliers généralement exonérés sous l'IFICI, à condition que la France ne figure pas sur la liste noire portugaise (elle n'y figure pas). Cependant, la France peut prélever une retenue à la source sur ces dividendes, dont le taux dépend de la convention fiscale franco-portugaise. L'exonération portugaise ne supprime pas la fiscalité française à la source : les deux règles s'appliquent en parallèle.
Oui, à condition que l'employeur soit établi hors du Portugal et que les revenus soient considérés de source étrangère selon les règles portugaises de sourcing. Dans ce cas, les salaires perçus seraient exonérés d'IRS au Portugal sous l'IFICI. La difficulté pratique est double : qualifier l'activité comme éligible selon les critères de l'AT, et gérer les obligations sociales côté français (maintien ou non au régime général selon la situation). Ce point mérite une analyse juridique au cas par cas avant de partir.
L'administration portugaise ne publie pas de délai officiel garanti. En pratique, la demande est déposée en ligne sur le Portal das Finanças et un accusé de réception est émis rapidement, mais la validation formelle peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois selon la charge de l'AT et la complétude du dossier. Il est recommandé de déposer le dossier le plus tôt possible dans la fenêtre de dépôt (avant le 15 janvier suivant l'année d'installation), avec tous les justificatifs dès la première soumission.
Le contribuable bascule automatiquement dans le régime général de l'IRS portugais. Il devient imposable sur ses revenus mondiaux selon le barème progressif, qui monte jusqu'à 48 % au-delà de 83 696 €, plus l'éventuelle taxe additionnelle de solidarité. Aucun renouvellement du statut IFICI n'est possible. Pour certains profils, la question d'un changement de résidence fiscale se posera à ce moment-là. Le budget expatrié au Portugal donne des éléments de contexte sur le coût de vie à anticiper dans une telle décision.
Pas exactement. L'IFICI reprend la structure de base du NHR (taux de 20 % sur les revenus portugais qualifiés, exonération des revenus étrangers dans la plupart des catégories, condition de non-résidence sur 5 ans) mais diffère sur deux points majeurs : les pensions étrangères ne sont plus exonérées, et les activités qualifiantes sont définies de façon plus restrictive. Les personnes ayant déjà bénéficié du NHR ne peuvent pas postuler à l'IFICI.
En principe oui, les dividendes de source étrangère font partie des revenus de capitaux mobiliers généralement exonérés sous l'IFICI, à condition que la France ne figure pas sur la liste noire portugaise (elle n'y figure pas). Cependant, la France peut prélever une retenue à la source sur ces dividendes, dont le taux dépend de la convention fiscale franco-portugaise. L'exonération portugaise ne supprime pas la fiscalité française à la source : les deux règles s'appliquent en parallèle.
Oui, à condition que l'employeur soit établi hors du Portugal et que les revenus soient considérés de source étrangère selon les règles portugaises de sourcing. Dans ce cas, les salaires perçus seraient exonérés d'IRS au Portugal sous l'IFICI. La difficulté pratique est double : qualifier l'activité comme éligible selon les critères de l'AT, et gérer les obligations sociales côté français (maintien ou non au régime général selon la situation). Ce point mérite une analyse juridique au cas par cas avant de partir.
L'administration portugaise ne publie pas de délai officiel garanti. En pratique, la demande est déposée en ligne sur le Portal das Finanças et un accusé de réception est émis rapidement, mais la validation formelle peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois selon la charge de l'AT et la complétude du dossier. Il est recommandé de déposer le dossier le plus tôt possible dans la fenêtre de dépôt (avant le 15 janvier suivant l'année d'installation), avec tous les justificatifs dès la première soumission.
Le contribuable bascule automatiquement dans le régime général de l'IRS portugais. Il devient imposable sur ses revenus mondiaux selon le barème progressif, qui monte jusqu'à 48 % au-delà de 83 696 €, plus l'éventuelle taxe additionnelle de solidarité. Aucun renouvellement du statut IFICI n'est possible. Pour certains profils, la question d'un changement de résidence fiscale se posera à ce moment-là. Le [budget expatrié au Portugal](/blog/budget-expatrie-portugal-le-guide-2026) donne des éléments de contexte sur le coût de vie à anticiper dans une telle décision.