Nicolas
Spécialiste fiscalité & démarches expatriation
En bref
L'impôt revenu Indonésie suit un barème progressif de 5 % à 35 % pour les résidents fiscaux. Le taux effectif atteint 22,8 % pour un revenu de 50 000 USD, 26,4 % à 100 000 USD et 28,2 % à 200 000 USD. Les non-résidents sont taxés à la source à 20 % sur leurs revenus de source indonésienne. La résidence fiscale se déclenche à 183 jours de présence sur 12 mois.
Comprendre l'impôt revenu Indonésie avant d'atterrir à Bali ou Jakarta, c'est éviter des surprises qui coûtent cher. Le système fiscal indonésien distingue nettement résidents et non-résidents, applique des taux progressifs jusqu'à 35 %, et subit des modifications réglementaires fréquentes. Ce guide détaille les règles en vigueur pour 2026, chiffres à l'appui.
L'administration fiscale indonésienne reconnaît trois critères alternatifs. Suffit d'en remplir un seul pour être considéré résident.
Ce troisième critère est le plus piégeux. Un bail signé pour un an suffit à qualifier la résidence fiscale, même si la présence physique effective est inférieure à 183 jours. Si tu prévois de louer à Bali sur le long terme, consulte l'article sur louer une maison à Bali long terme avant de signer quoi que ce soit.
Cinq tranches progressives s'appliquent aux résidents fiscaux en 2026 :
| Tranche de revenu imposable | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 60 millions IDR | 5 % |
| De 60 à 250 millions IDR | 15 % |
| De 250 à 500 millions IDR | 25 % |
| De 500 millions à 5 milliards IDR | 30 % |
| Au-delà de 5 milliards IDR | 35 % |
En pratique, ces taux marginaux produisent des taux effectifs nettement inférieurs au taux maximum. Pour un revenu annuel de 50 000 USD, le taux effectif ressort à 22,8 %. À 100 000 USD, il atteint 26,4 %. À 200 000 USD, 28,2 %. Ces chiffres intègrent la structure progressive du barème : les premières tranches restent taxées à 5 % et 15 %, ce qui tire la moyenne vers le bas.
Les plus-values des résidents ne bénéficient pas d'un régime dédié allégé : elles sont en principe imposées aux taux progressifs normaux, soit de 5 % à 35 % selon le niveau de revenu total. Exception notable : la cession de terrains ou de bâtiments, et les actions cotées en bourse, sont soumises à un impôt libératoire calculé au moment de la vente.
Simple et brutal. Les non-résidents fiscaux sont imposés à la source à un taux forfaitaire de 20 % sur leurs revenus de source indonésienne. Pas de barème progressif, pas d'abattements : le prélèvement est définitif.
Ce taux de 20 % peut être réduit si une convention fiscale bilatérale s'applique. L'Indonésie a conclu des conventions avec de nombreux pays, dont la France. La convention franco-indonésienne prévoit des taux réduits sur les dividendes, intérêts et redevances, sous réserve de justifier la résidence fiscale française auprès du payeur indonésien.
Si tu travailles à distance depuis Bali sans établir de résidence fiscale locale, la question du taux applicable à tes revenus de source étrangère ne se pose pas : l'Indonésie ne les taxe pas. C'est une distinction importante à bien comprendre avant de choisir ton statut.
L'Indonésie applique un système hybride. En théorie, les résidents fiscaux sont imposés sur leur revenu mondial. En pratique, certains revenus étrangers échappent à l'imposition locale sous une condition précise.
Les dividendes et les revenus d'établissement stable étrangers, déjà imposés à l'étranger, sont exonérés d'impôt indonésien à condition qu'au moins 30 % du bénéfice net soit réinvesti en Indonésie. Ce mécanisme est volontariste : il encourage le rapatriement de capitaux, pas la simple perception de revenus passifs.
Pour les revenus salariaux étrangers ou les revenus d'activité indépendante de source étrangère, la situation est plus complexe et dépend de la nature exacte du revenu et des conventions applicables. Les règles fiscales indonésiennes évoluent fréquemment : en 2025, de nouvelles réglementations ont été publiées sur l'échange automatique d'informations fiscales (PER-10/PJ/2025), ce qui renforce la capacité de l'administration à croiser les données. C'est un signal clair que l'Indonésie monte en puissance sur le contrôle fiscal international.
Deux types d'obligations coexistent pour les résidents fiscaux.
D'abord, la déclaration annuelle (SPT Tahunan). Elle doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'exercice fiscal, soit le 31 mars 2026 pour l'année 2025. C'est l'obligation principale.
Ensuite, des acomptes mensuels (Article 25) peuvent s'appliquer pour les revenus hors salariat, notamment les revenus d'activité indépendante ou de location. Ces acomptes sont dus au plus tard le 20 du mois suivant.
Le risque de contrôle fiscal est réel. L'administration fiscale indonésienne est identifiée comme présentant un niveau de risque élevé en matière de vérifications fiscales. Combiné à la fréquence des changements réglementaires, ce contexte impose de tenir une comptabilité rigoureuse et de conserver tous les justificatifs de revenus, de présence et de charges.
Pour bien anticiper ton installation, le guide complet sur s'expatrier en Indonésie couvre les démarches dans leur ensemble, au-delà de la seule fiscalité.
Plusieurs étapes s'enchaînent dès l'arrivée.
Obtenir un NPWP (Nomor Pokok Wajib Pajak) : c'est le numéro d'identification fiscale indonésien. Sans lui, impossible de déposer une déclaration ou d'ouvrir un compte bancaire local dans de bonnes conditions. Il s'obtient auprès du bureau des impôts (KPP) le plus proche du lieu de résidence.
Documenter son statut de résidence dès le premier jour. Si tu arrives avec un KITAS valable plus de 183 jours, tu es potentiellement résident fiscal dès la date d'émission du titre. Garde une copie de tous les documents qui attestent de ta présence ou de ton absence : tampons de passeport, relevés de carte bancaire, factures locales.
Choisir un conseil fiscal local. Les règles changent régulièrement, les formulaires sont en bahasa Indonesia, et les conventions fiscales nécessitent une application au cas par cas. Un conseiller fiscal agréé (konsultan pajak) est souvent indispensable pour les expatriés avec des revenus mixtes.
Le visa utilisé pour entrer conditionne aussi le statut fiscal. Le Second Home Visa Indonésie et le KITAS expatrié n'ont pas les mêmes implications fiscales : un KITAS de plus de 183 jours déclenche la résidence fiscale, un visa touristique ne la déclenche pas.
Premier piège : croire que la présence physique est le seul déclencheur de la résidence fiscale. Un bail d'un an suffit, même si tu passes la moitié de l'année en dehors d'Indonésie.
Deuxième piège : sous-estimer la vitesse des changements législatifs. Les règles sur la TVA pour les services numériques transfrontaliers ont changé en janvier 2025, avec un taux relevé à 12 %. Ce type de modification peut affecter des freelances ou des prestataires de services sans qu'ils en soient informés à l'avance.
Troisième piège : ignorer l'obligation de déposer une SPT Tahunan sous prétexte que les impôts ont été retenus à la source. La déclaration annuelle reste obligatoire dès lors qu'on est résident fiscal, même si aucun impôt supplémentaire n'est dû.
Quatrième piège : oublier les obligations françaises. Quitter la France ne signifie pas automatiquement quitter le système fiscal français. La résidence fiscale française se perd selon des critères précis, et des obligations déclaratives peuvent persister. Si tu veux comparer les approches fiscales d'autres destinations avant de trancher, consulte notre comparatif des pays low-tax pour expatriés ou utilise le questionnaire QFR pour affiner ta situation.
Le seuil légal est de 183 jours de présence sur une période de 12 mois consécutifs. Mais ce décompte ne part pas forcément du 1er janvier : il court à partir du premier jour d'entrée sur le territoire. À noter que la présence n'est pas le seul critère. Un KITAS ou un bail d'habitation d'une durée supérieure à 183 jours suffit à qualifier la résidence fiscale, même si la présence physique effective est inférieure à ce seuil.
Pour un revenu de 50 000 USD, le taux effectif est de 22,8 %. À 100 000 USD, il atteint 26,4 %. Un salaire de 80 000 USD se situe entre ces deux repères, ce qui donne un taux effectif estimé dans cette fourchette, autour de 24-25 % selon la composition exacte du revenu et les éventuelles déductions applicables. Le taux marginal sur les tranches hautes peut monter jusqu'à 30 % ou 35 %, mais ces taux marginaux ne s'appliquent qu'à la portion de revenu dépassant les seuils correspondants en IDR.
Oui. L'Indonésie a conclu des conventions fiscales bilatérales avec de nombreux pays, et la convention franco-indonésienne est en vigueur. Elle prévoit en général des taux réduits sur les dividendes, intérêts et redevances versés entre les deux pays, et définit des règles de départage en cas de conflit de résidence. Pour en bénéficier, il faut justifier sa résidence fiscale dans l'un des deux États auprès de la source du revenu, ce qui implique de produire un certificat de résidence fiscale délivré par l'administration compétente.
La SPT Tahunan est la déclaration annuelle d'impôt sur le revenu des personnes physiques. Elle doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'exercice fiscal concerné. Elle récapitule l'ensemble des revenus perçus, les retenues à la source déjà opérées, et détermine si un complément d'impôt est dû ou si un remboursement est à réclamer. Le formulaire est disponible sur le portail de la Direction générale des impôts (DJP). Pour les expatriés avec des revenus de sources multiples ou des revenus étrangers, faire appel à un konsultan pajak agréé réduit significativement le risque d'erreur.
En règle générale, non. Les non-résidents fiscaux sont imposés à la source à un taux forfaitaire de 20 % sur leurs revenus de source indonésienne, et ce prélèvement est libératoire : il n'y a pas d'obligation de déposer une SPT Tahunan. Toutefois, si une convention fiscale prévoit un taux inférieur à 20 %, une démarche spécifique auprès du payeur indonésien est nécessaire avant le versement pour appliquer le taux conventionnel réduit. Après le fait, la procédure de remboursement est plus complexe et longue.
Le seuil légal est de 183 jours de présence sur une période de 12 mois consécutifs. Mais ce décompte ne part pas forcément du 1er janvier : il court à partir du premier jour d'entrée sur le territoire. À noter que la présence n'est pas le seul critère. Un KITAS ou un bail d'habitation d'une durée supérieure à 183 jours suffit à qualifier la résidence fiscale, même si la présence physique effective est inférieure à ce seuil.
Pour un revenu de 50 000 USD, le taux effectif est de 22,8 %. À 100 000 USD, il atteint 26,4 %. Un salaire de 80 000 USD se situe entre ces deux repères, ce qui donne un taux effectif estimé dans cette fourchette, autour de 24-25 % selon la composition exacte du revenu et les éventuelles déductions applicables. Le taux marginal sur les tranches hautes peut monter jusqu'à 30 % ou 35 %, mais ces taux marginaux ne s'appliquent qu'à la portion de revenu dépassant les seuils correspondants en IDR.
Oui. L'Indonésie a conclu des conventions fiscales bilatérales avec de nombreux pays, et la convention franco-indonésienne est en vigueur. Elle prévoit en général des taux réduits sur les dividendes, intérêts et redevances versés entre les deux pays, et définit des règles de départage en cas de conflit de résidence. Pour en bénéficier, il faut justifier sa résidence fiscale dans l'un des deux États auprès de la source du revenu, ce qui implique de produire un certificat de résidence fiscale délivré par l'administration compétente.
La SPT Tahunan est la déclaration annuelle d'impôt sur le revenu des personnes physiques. Elle doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'exercice fiscal concerné. Elle récapitule l'ensemble des revenus perçus, les retenues à la source déjà opérées, et détermine si un complément d'impôt est dû ou si un remboursement est à réclamer. Le formulaire est disponible sur le portail de la Direction générale des impôts (DJP). Pour les expatriés avec des revenus de sources multiples ou des revenus étrangers, faire appel à un konsultan pajak agréé réduit significativement le risque d'erreur.
En règle générale, non. Les non-résidents fiscaux sont imposés à la source à un taux forfaitaire de 20 % sur leurs revenus de source indonésienne, et ce prélèvement est libératoire : il n'y a pas d'obligation de déposer une SPT Tahunan. Toutefois, si une convention fiscale prévoit un taux inférieur à 20 %, une démarche spécifique auprès du payeur indonésien est nécessaire avant le versement pour appliquer le taux conventionnel réduit. Après le fait, la procédure de remboursement est plus complexe et longue.