Nicolas
Spécialiste fiscalité & démarches expatriation
En bref
La fiscalité Roumanie repose sur un impôt sur le revenu à taux unique de 10 % applicable à tous les résidents. Depuis le 1er janvier 2026, une réforme fiscale d'ampleur a relevé la TVA à 21 %, la retenue sur dividendes à 16 % et durci le régime des micro-entreprises. Pas de régime forfaitaire expatrié comparable à l'Italie, mais une charge fiscale globale parmi les plus basses de l'UE.
La fiscalité Roumanie se résume d'abord à un chiffre : 10 %. C'est le taux unique d'imposition sur le revenu des personnes physiques résidentes, confirmé par PwC dans sa mise à jour du 30 mars 2026. Un taux bas, mais 2026 a apporté des changements significatifs qu'un expatrié français ne peut pas ignorer : hausse de la TVA, relèvement de la retenue sur dividendes, durcissement du régime micro-entreprise. Voici ce que ça change concrètement.
La résidence fiscale roumaine se déclenche selon des critères classiques : domicile en Roumanie, centre des intérêts vitaux situé sur le territoire, ou présence physique de plus de 183 jours sur une période de 12 mois consécutifs. Une fois résident, tu es imposé sur l'ensemble de tes revenus mondiaux. La Roumanie applique bien le principe de worldwide taxation : revenus français, loyers perçus à l'étranger, plus-values sur titres détenus à l'étranger — tout entre dans l'assiette.
La Roumanie a signé des conventions de double imposition avec un nombre important de pays, dont la France. Une nouvelle convention avec le Royaume-Uni est entrée en vigueur le 1er janvier 2026, couvrant les dividendes, intérêts, redevances et autres flux de revenus. Les ressortissants français bénéficient donc d'un mécanisme d'élimination de la double imposition, à vérifier selon la nature précise du revenu concerné.
Un seul taux : 10 % sur le revenu imposable des particuliers résidents. Pas de barème progressif, pas de tranche marginale à 45 % comme en France. Cette flat tax s'applique aux salaires, revenus locatifs, revenus d'activités indépendantes et, dans la plupart des cas, aux plus-values.
Attention : la Roumanie ne dispose pas d'un régime forfaitaire spécifique pour les expatriés comparable au forfait fiscal italien ou au régime NHR portugais. Le 10 % s'applique à tous les résidents de la même façon. Une exception sectorielle existe néanmoins : les programmeurs qualifiés travaillant dans le secteur IT bénéficient d'une exemption d'impôt sur le revenu sur leurs salaires, sous conditions strictes d'éligibilité.
Si tu compares plusieurs destinations à fiscalité réduite, notre article sur les top 5 pays low-tax pour expatriés français en 2026 donne une perspective utile sur le positionnement de la Roumanie face à ses concurrents européens.
Le 1er janvier 2026 a marqué une rupture. Plusieurs paramètres ont été revus à la hausse dans le cadre d'un vaste plan de consolidation budgétaire :
Pour les investisseurs et les entrepreneurs, le relèvement de la retenue sur dividendes est le changement le plus direct. 16 % de retenue sur les distributions, contre 10 % avant, ça modifie le calcul de rentabilité d'une structure roumaine. Le régime micro-entreprise, très populaire auprès des indépendants étrangers installés en Roumanie, a été resserré : les plafonds et conditions d'accès ont évolué, à vérifier sur le portail officiel de l'ANAF avant toute décision de structuration.
La déclaration annuelle d'impôt sur le revenu (et les cotisations sociales afférentes) est à déposer avant le 25 mai de l'année suivant l'année de revenus concernée. Pour les salariés dont l'employeur est un non-résident roumain, des déclarations mensuelles s'ajoutent : elles sont dues au plus tard le 25 du mois suivant.
L'administration fiscale compétente est l'ANAF (Agenția Națională de Administrare Fiscală). L'ANAF a renforcé ses capacités de contrôle en 2026 : les inspecteurs fiscaux et douaniers sont désormais équipés de caméras portatives lors des inspections, et les pouvoirs d'investigation ont été élargis. Les contrôles fiscaux sont fréquents dans l'environnement des affaires roumain. Pour un expatrié gérant une structure locale, tenir une comptabilité rigoureuse n'est pas une option.
Les plus-values sur cessions d'actifs sont imposées au taux flat de 10 % (sous réserve des ajustements 2026). Sur le mécanisme de report des pertes, la règle est précise : les pertes annuelles en capital peuvent être imputées à hauteur de 70 % des gains nets annuels, sur une période maximale de 5 années consécutives. Restriction notable depuis 2023 : les pertes sur titres et dérivés réalisées via des intermédiaires financiers ne sont pas reportables. Si tu arbitres un portefeuille boursier depuis la Roumanie, cette limite est à intégrer dans ta stratégie.
Pour des approches de structuration fiscale alternatives dans la région, l'article sur l'e-residency estonienne et son guide fiscal 2026 offre un point de comparaison utile sur les structures numériques en Europe de l'Est.
Plusieurs points méritent une vigilance particulière :
L'exit tax française. Quitter la France avec un portefeuille de titres ou des créances significatives peut déclencher l'exit tax française. L'imposition en Roumanie à 10 % ne neutralise pas les obligations fiscales françaises au départ : les deux sujets sont distincts.
La résidence fiscale effective. Se domicilier en Roumanie sur le papier sans y établir un centre d'intérêts réel expose à un risque de requalification par l'administration française. 183 jours de présence physique documentés, contrat de bail ou acte de propriété, compte bancaire actif : les preuves doivent être solides.
Le régime micro-entreprise post-2026. Beaucoup d'indépendants avaient optimisé leur structure autour des anciens seuils. Les nouvelles règles changent l'équation. Avant de créer une SRL roumaine ou d'opter pour le statut micro, consulter un comptable agréé en Roumanie reste indispensable.
Les cotisations sociales. La flat tax à 10 % ne couvre pas les cotisations sociales (CAS et CASS), qui s'ajoutent et peuvent représenter une charge non négligeable selon le niveau de revenus et le statut.
Tu ne sais pas encore si la Roumanie correspond à ton profil ? Le questionnaire QFR permet de comparer les destinations selon ta situation fiscale et personnelle.
Non. La Roumanie ne dispose pas d'un régime forfaitaire réservé aux impatriés étrangers comparable au forfait fiscal italien ou à l'ancien NHR portugais. Le taux de 10 % s'applique à tous les résidents fiscaux sans distinction d'origine. La seule exemption sectorielle notable concerne les programmeurs qualifiés du secteur IT, qui peuvent bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu sur leurs salaires sous conditions strictes.
Depuis le 1er janvier 2026, la retenue à la source sur les dividendes est fixée à 16 %, contre 10 % auparavant. C'est l'un des changements les plus directs de la réforme fiscale 2026. Les conventions de double imposition signées par la Roumanie peuvent modifier ce taux selon le pays de résidence du bénéficiaire : la convention franco-roumaine prévoit des mécanismes de crédit d'impôt à vérifier selon ta situation.
La déclaration annuelle d'impôt sur le revenu des personnes physiques, accompagnée des cotisations sociales annuelles, doit être déposée avant le 25 mai de l'année suivant l'année de revenus. Si tu perçois des revenus d'un employeur non-résident roumain, des déclarations mensuelles s'y ajoutent, à soumettre avant le 25 du mois suivant. Les dépôts s'effectuent via le portail en ligne de l'ANAF.
Partiellement. Les pertes annuelles en capital sont reportables sur 5 années consécutives, mais uniquement à hauteur de 70 % des gains nets annuels de chaque année de report. Exception importante depuis 2023 : les pertes sur titres et instruments dérivés réalisées via des intermédiaires financiers ne sont pas éligibles au report. Si tu gères un portefeuille actif, cette règle doit figurer dans ton calcul avant toute décision de cession.
Oui. La Roumanie applique une imposition sur les revenus mondiaux de ses résidents fiscaux. Tes revenus de source française — loyers, dividendes d'une société française, plus-values sur titres français — entrent dans l'assiette roumaine. La convention fiscale franco-roumaine prévoit des mécanismes pour éviter la double imposition, généralement sous forme de crédit d'impôt. La nature exacte du revenu détermine quel article de la convention s'applique : un conseiller fiscal familier des deux systèmes reste le meilleur interlocuteur pour cartographier ta situation précise.
Non. La Roumanie ne dispose pas d'un régime forfaitaire réservé aux impatriés étrangers comparable au forfait fiscal italien ou à l'ancien NHR portugais. Le taux de 10 % s'applique à tous les résidents fiscaux sans distinction d'origine. La seule exemption sectorielle notable concerne les programmeurs qualifiés du secteur IT, qui peuvent bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu sur leurs salaires sous conditions strictes.
Depuis le 1er janvier 2026, la retenue à la source sur les dividendes est fixée à **16 %**, contre 10 % auparavant. C'est l'un des changements les plus directs de la réforme fiscale 2026. Les conventions de double imposition signées par la Roumanie peuvent modifier ce taux selon le pays de résidence du bénéficiaire : la convention franco-roumaine prévoit des mécanismes de crédit d'impôt à vérifier selon ta situation.
La déclaration annuelle d'impôt sur le revenu des personnes physiques, accompagnée des cotisations sociales annuelles, doit être déposée avant le **25 mai** de l'année suivant l'année de revenus. Si tu perçois des revenus d'un employeur non-résident roumain, des déclarations mensuelles s'y ajoutent, à soumettre avant le 25 du mois suivant. Les dépôts s'effectuent via le portail en ligne de l'ANAF.
Partiellement. Les pertes annuelles en capital sont reportables sur **5 années consécutives**, mais uniquement à hauteur de **70 % des gains nets annuels** de chaque année de report. Exception importante depuis 2023 : les pertes sur titres et instruments dérivés réalisées via des intermédiaires financiers ne sont pas éligibles au report. Si tu gères un portefeuille actif, cette règle doit figurer dans ton calcul avant toute décision de cession.
Oui. La Roumanie applique une imposition sur les **revenus mondiaux** de ses résidents fiscaux. Tes revenus de source française — loyers, dividendes d'une société française, plus-values sur titres français — entrent dans l'assiette roumaine. La convention fiscale franco-roumaine prévoit des mécanismes pour éviter la double imposition, généralement sous forme de crédit d'impôt. La nature exacte du revenu détermine quel article de la convention s'applique : un conseiller fiscal familier des deux systèmes reste le meilleur interlocuteur pour cartographier ta situation précise.