Nicolas
Spécialiste fiscalité & démarches expatriation
En bref
La flat tax 7% retraités Grèce soumet la totalité des revenus étrangers à un taux forfaitaire de 7% pendant dix ans. Pour en bénéficier, il faut ne pas avoir été résident fiscal grec lors des cinq années précédentes et transférer sa résidence fiscale dans le pays. Le régime est renouvelable annuellement sur demande explicite.
La flat tax 7% retraités Grèce permet de payer un impôt forfaitaire de 7% sur l'ensemble des revenus de source étrangère pendant dix années consécutives. Pour un retraité français touchant 30 000 EUR de pension annuelle, cela représente 2 100 EUR d'impôt grec, contre un taux marginal standard qui monte jusqu'à 44% en Grèce. L'écart est réel. Mais le régime comporte des conditions précises, des démarches formelles et des risques de modification législative que tout candidat doit intégrer avant de faire ses cartons.
Le régime s'adresse aux personnes physiques qui transfèrent leur résidence fiscale en Grèce en provenance d'un État avec lequel la Grèce a conclu une convention fiscale. La Grèce dispose de conventions de non-double imposition avec de nombreux pays, dont la France. Ce point est confirmé par les données de l'autorité fiscale grecque (AADE).
Condition centrale : ne pas avoir été résident fiscal grec pendant au moins cinq des six années précédant le transfert. Un retraité qui a quitté la France il y a trois ans pour le Portugal, puis envisage la Grèce, doit vérifier soigneusement cette fenêtre. La résidence fiscale grecque est elle-même déterminée par plusieurs critères cumulatifs ou alternatifs : présence physique supérieure à 183 jours sur douze mois consécutifs, résidence principale ou habituelle, ou centre des intérêts vitaux (liens personnels et économiques) en Grèce.
Le régime cible explicitement les retraités percevant des revenus de pension de source étrangère. Les revenus de source grecque, eux, restent soumis au barème progressif ordinaire, dont le taux marginal atteint 44%.
Sous ce régime, tous les revenus étrangers sont taxés à taux forfaitaire de 7%, quelle que soit la nature du revenu : pension de retraite, revenus fonciers à l'étranger, dividendes de source étrangère, plus-values. Pas de progressivité, pas de déduction de charges. Un taux unique.
À titre de comparaison, le taux effectif standard pour un revenu de 50 000 EUR atteint 20,1% en Grèce, et 28,8% pour 100 000 EUR. Pour 200 000 EUR, le taux effectif monte à 36,4%. Le forfait à 7% représente donc une économie substantielle dès les premiers euros de pension étrangère.
Un point à ne pas négliger : la Grèce taxe ses résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux. Sans ce régime spécial, une pension française serait intégrée au revenu imposable global et soumise au barème progressif. La convention fiscale franco-grecque détermine quel État conserve le droit d'imposer en premier lieu, et si un crédit d'impôt s'applique. Consulte un fiscaliste bilingue avant toute décision.
La demande d'application du régime se fait auprès de l'AADE, l'administration fiscale grecque, lors du dépôt de la déclaration de revenus annuelle. Les pièces à préparer :
Pour obtenir ton numéro fiscal grec (AFM), indispensable à toute démarche, consulte le guide complet sur l'AFM Grèce avant de commencer. Sans AFM, aucune déclaration ne peut être déposée.
L'AADE précise que la guidance fiscale officielle est disponible sur son portail. Mais les règles fiscales grecques changent fréquemment : des modifications législatives et des reports de mise en oeuvre ont été observés en 2025-2026 sur plusieurs dispositifs numériques. Le régime des 7% n'est pas à l'abri d'une révision.
La déclaration de revenus grecque (formulaire E1) doit être déposée chaque année, avec un délai courant généralement du 15 mars au 15 juillet de l'année suivant l'exercice fiscal. Le paiement final intervient en février. Des acomptes provisionnels sont versés en huit mensualités égales.
La demande d'option pour le régime spécial doit être formulée lors du premier dépôt après transfert de résidence. Elle n'est pas automatique. Chaque année de maintien dans le régime nécessite une confirmation active lors de la déclaration annuelle.
Durée maximale du régime : dix ans. Après cette période, les revenus étrangers basculent dans le régime commun et rejoignent le barème progressif standard.
Pour tout ce qui concerne le titre de séjour et les formalités administratives d'installation, le guide du titre de séjour Grèce couvre les étapes en détail. Les démarches fiscales et administratives se font en parallèle, pas dans un ordre unique imposé.
Premier piège : croire que le régime s'applique automatiquement dès l'installation. Il faut demander explicitement l'option chaque année. Un oubli remet le contribuable dans le régime ordinaire pour l'exercice concerné.
Deuxième piège : négliger la convention fiscale franco-grecque. La France peut conserver un droit d'imposition sur certains types de revenus selon les clauses de la convention. Une pension versée par un organisme de droit public français peut rester imposable en France même si le bénéficiaire est résident fiscal grec. Ce point varie selon la nature de la pension : régime général, fonction publique, régimes complémentaires.
Troisième piège : la stabilité législative. Le code fiscal grec a subi des modifications profondes à chaque changement de gouvernement, et certaines mesures temporaires sont devenues permanentes dans un sens comme dans l'autre. L'AADE a par ailleurs annoncé 72 800 contrôles fiscaux pour 2026, avec une orientation vers l'analyse de risques par les données. Les dossiers incomplets ou incohérents attirent l'attention.
Quatrième piège : le coût de la vie et la santé. Le régime fiscal n'est qu'une variable parmi d'autres. Avant de valider un projet d'installation, consulte le guide budget expatrié îles grecques et le guide assurance santé Grèce pour calibrer le budget global.
La flat tax à 7% est particulièrement intéressante pour les retraités avec des pensions élevées ou des revenus passifs de source étrangère significatifs. En dessous d'un certain seuil de revenu, l'écart avec le barème progressif standard peut être moins décisif que prévu, surtout une fois les frais de déménagement, d'installation et de conformité fiscale intégrés.
Plusieurs alternatives existent en Europe. Le Portugal a longtemps proposé le statut NHR (désormais IFICI), Chypre dispose d'un régime non-dom, et d'autres destinations ont leurs propres mécanismes. Pour comparer les options selon ta situation personnelle, le questionnaire QFR permet d'identifier les destinations les plus adaptées à ton profil fiscal et patrimonial.
Si tu restes sur la Grèce, le guide complet pour s'expatrier en Grèce donne la vue d'ensemble : visa, résidence, santé, logement et fiscalité réunis en un seul point d'entrée.
Pas nécessairement. La convention fiscale entre la France et la Grèce contient des clauses spécifiques sur les pensions versées par des organismes de droit public. Les pensions de fonctionnaires peuvent rester imposables en France même si le bénéficiaire a transféré sa résidence fiscale en Grèce. Le régime des 7% ne neutralise pas les droits d'imposition que la France conserve en vertu de la convention. Il faut vérifier le texte de la convention et la nature exacte de chaque flux de revenu avec un fiscaliste spécialisé en droit fiscal international franco-grec.
Minimum six mois avant le transfert effectif. Il faut réunir les attestations de résidence fiscale française pour les cinq années précédentes, obtenir l'AFM grec, établir un domicile fiscal crédible en Grèce (bail enregistré, factures, inscription municipale) et anticiper le dépôt de la première déclaration E1. Les délais administratifs grecs peuvent s'allonger, et l'AADE a concentré ses contrôles sur les dossiers à risque en 2026.
Oui. Le bénéficiaire peut perdre le régime s'il ne remplit plus les conditions d'éligibilité, notamment s'il cesse d'être résident fiscal grec. L'administration peut aussi le remettre en cause en cas de déclaration incomplète ou inexacte. Par ailleurs, le code fiscal grec est instable historiquement : des révisions législatives ont modifié des régimes similaires par le passé. Dix ans n'est pas une garantie contractuelle absolue, c'est la durée maximale prévue par le texte actuel.
La présence supérieure à 183 jours sur douze mois consécutifs est l'un des critères de résidence fiscale grecque, mais pas le seul. La résidence principale, l'habitude de séjour ou le centre des intérêts vitaux suffisent également à établir la résidence fiscale. En pratique, pour un régime dont la crédibilité dépend d'un contrôle administratif potentiel, une présence physique significative et documentée est fortement conseillée.
Non. La Grèce propose un second régime spécial dit HNWI (High Net Worth Individual) avec un forfait annuel de 100 000 EUR, sans limitation sur les revenus mondiaux. Ces deux régimes sont distincts et s'adressent à des profils différents. Le régime à 7% cible les retraités avec des revenus étrangers courants. Le forfait à 100 000 EUR concerne des contribuables à patrimoine et revenus très élevés. On opte pour l'un ou l'autre, pas les deux simultanément.
Pas nécessairement. La convention fiscale entre la France et la Grèce contient des clauses spécifiques sur les pensions versées par des organismes de droit public. Les pensions de fonctionnaires peuvent rester imposables en France même si le bénéficiaire a transféré sa résidence fiscale en Grèce. Le régime des 7% ne neutralise pas les droits d'imposition que la France conserve en vertu de la convention. Il faut vérifier le texte de la convention et la nature exacte de chaque flux de revenu avec un fiscaliste spécialisé en droit fiscal international franco-grec.
Minimum six mois avant le transfert effectif. Il faut réunir les attestations de résidence fiscale française pour les cinq années précédentes, obtenir l'AFM grec, établir un domicile fiscal crédible en Grèce (bail enregistré, factures, inscription municipale) et anticiper le dépôt de la première déclaration E1. Les délais administratifs grecs peuvent s'allonger, et l'AADE a concentré ses contrôles sur les dossiers à risque en 2026.
Oui. Le bénéficiaire peut perdre le régime s'il ne remplit plus les conditions d'éligibilité, notamment s'il cesse d'être résident fiscal grec. L'administration peut aussi le remettre en cause en cas de déclaration incomplète ou inexacte. Par ailleurs, le code fiscal grec est instable historiquement : des révisions législatives ont modifié des régimes similaires par le passé. Dix ans n'est pas une garantie contractuelle absolue, c'est la durée maximale prévue par le texte actuel.
La présence supérieure à 183 jours sur douze mois consécutifs est l'un des critères de résidence fiscale grecque, mais pas le seul. La résidence principale, l'habitude de séjour ou le centre des intérêts vitaux suffisent également à établir la résidence fiscale. En pratique, pour un régime dont la crédibilité dépend d'un contrôle administratif potentiel, une présence physique significative et documentée est fortement conseillée.
Non. La Grèce propose un second régime spécial dit HNWI (High Net Worth Individual) avec un forfait annuel de 100 000 EUR, sans limitation sur les revenus mondiaux. Ces deux régimes sont distincts et s'adressent à des profils différents. Le régime à 7% cible les retraités avec des revenus étrangers courants. Le forfait à 100 000 EUR concerne des contribuables à patrimoine et revenus très élevés. On opte pour l'un ou l'autre, pas les deux simultanément.