Nicolas
Spécialiste fiscalité & démarches expatriation
En bref
La résidence fiscale Thaïlande se déclenche à 180 jours de présence dans l'année civile. Depuis le 1er janvier 2024, tous les revenus étrangers rapatriés en Thaïlande sont imposables l'année du rapatriement, au barème progressif de 0 % à 35 %. Les revenus jamais transférés restent exonérés. Une convention avec la France protège les retraités sur leurs pensions.
180 jours. C'est le seuil qui bascule ton statut fiscal en Thaïlande. Dépasse-le dans une année civile, et tu es résident fiscal thaïlandais, soumis au barème progressif local sur tous les revenus étrangers que tu rapatries. La résidence fiscale Thaïlande a changé de visage le 1er janvier 2024 : une règle Revenue Department (Por. 161/162) a fermé l'ancienne porte de l'année décalée. Avant de poser tes valises à Bangkok ou à Chiang Mai, voici ce que les chiffres disent réellement.
Le critère est uniquement temporel : 180 jours de présence physique, cumulés sur l'année civile (1er janvier au 31 décembre). Pas de conditions de revenus, pas de visa obligatoire. Un Non-Immigrant O retraite, un Thai Elite Visa, un DTV : tous peuvent créer la résidence fiscale si tu atteins ce seuil. La possession d'un visa long séjour est citée comme facteur aggravant par le Revenue Department, mais c'est bien le décompte des jours qui fait foi.
Un point pratique : la Thaïlande ne délivre pas de certificat de résidence fiscale automatique. Tu dois en faire la demande auprès du Revenue Department local, ce qui suppose d'avoir un numéro fiscal thaïlandais (Tax Identification Number). Pour tout ce qui concerne les démarches de séjour en amont, consulte le guide complet pour s'expatrier en Thaïlande.
La Thaïlande applique un principe territorial conditionnel. Les revenus de source thaïlandaise sont imposés sans condition. Les revenus de source étrangère ? Ils ne sont imposables que s'ils sont rapatriés en Thaïlande.
Depuis le 1er janvier 2024 (ordonnances Por. 161 et 162), la règle a changé sur un point crucial : peu importe l'année où le revenu a été gagné, si tu le transfères en Thaïlande en 2024 ou après, il est imposable dans l'année du transfert. L'ancienne astuce consistant à attendre l'année suivante pour rapatrier des fonds ne fonctionne plus. Les revenus étrangers que tu ne transfères jamais en Thaïlande restent exonérés.
Une proposition du Revenue Department en 2025 visait à créer une période de grâce de deux ans. Elle n'a pas été adoptée : la dissolution de la Chambre des représentants avant les élections de 2026 a bloqué le projet. La règle Por. 161/162 s'applique donc telle quelle, sans filet.
Pour le détail opérationnel sur les revenus étrangers, l'article fiscalité Thaïlande revenus étrangers couvre les cas pratiques poste par poste.
Huit tranches progressives. Voici le tableau complet :
| Revenu imposable (THB/an) | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 150 000 | 0 % |
| 150 001 – 300 000 | 5 % |
| 300 001 – 500 000 | 10 % |
| 500 001 – 750 000 | 15 % |
| 750 001 – 1 000 000 | 20 % |
| 1 000 001 – 2 000 000 | 25 % |
| 2 000 001 – 5 000 000 | 30 % |
| Au-delà de 5 000 000 | 35 % |
Ramené à des montants en euros, cela donne des taux effectifs concrets : 15,7 % pour un revenu annuel de 50 000 EUR, 22,5 % à 100 000 EUR, et 28,1 % à 200 000 EUR. Les plus-values (immobilier, titres financiers) tombent dans la catégorie Section 40(4) du Revenue Code et sont imposées aux mêmes taux progressifs lorsqu'elles sont rapatriées. La Thaïlande ne reconnaît pas l'exonération des PEA ou ISA étrangers.
Une exception notable : le visa LTR (Long-Term Resident) ouvre droit à un taux forfaitaire de 17 % sur les revenus de source étrangère pour les profils éligibles (high-skilled worker, wealthy global citizen). C'est significativement inférieur au taux marginal de 35 %.
La convention existe et elle protège un profil spécifique : les retraités français. En vertu de l'article 23 de cette convention, la Thaïlande applique la méthode d'exemption sur les pensions privées et publiques françaises déjà imposées en France. Ces pensions sont exemptées d'impôt thaïlandais et n'ont pas à être déclarées aux autorités fiscales thaïlandaises.
Concrètement : un retraité de la fonction publique française installé à Chiang Mai, qui perçoit sa pension de source française, n'est pas doublement imposé. C'est confirmé par les autorités thaïlandaises.
Pour les autres types de revenus (dividendes, revenus fonciers, salaires de source française), la convention prévoit des mécanismes de crédit d'impôt ou d'exemption selon les catégories. Un fiscaliste spécialisé double résidence reste indispensable pour les situations complexes.
Si tu as des revenus imposables en Thaïlande, tu déposes une déclaration annuelle (formulaire PND 91 pour les revenus salariés, PND 90 pour les autres catégories) au plus tard le 31 mars de l'année suivante. Certaines catégories de revenus (types 5, 6, 7, 8) permettent un dépôt semestriel optionnel avant le 30 septembre.
Les sanctions pour non-dépôt ou sous-déclaration sont sévères : 200 % du montant d'impôt évalué, plus une majoration de 1,5 % par mois de retard. En cas d'évasion délibérée, une amende de 200 000 THB ou jusqu'à un an d'emprisonnement s'ajoutent. Le Revenue Department peut remonter jusqu'à 5 ans d'historique fiscal, voire 10 ans en cas de fraude suspectée.
Autre point à ne pas sous-estimer : la Thaïlande participe au CRS (Common Reporting Standard). Plus de 120 juridictions transmettent automatiquement les soldes de comptes bancaires étrangers aux autorités fiscales thaïlandaises chaque année. L'idée que les revenus offshore passent sous les radars est caduque.
Si tu te demandes aussi comment gérer ton séjour et tes démarches administratives sur place, l'article sur le permis de séjour Thaïlande détaille les étapes pratiques. Et pour calibrer ton budget réel sur place, les chiffres du budget expatrié Bangkok donnent une base concrète.
Premier piège : croire que le visa suffit à établir (ou à éviter) la résidence fiscale. Ce sont les jours qui comptent, pas le tampon dans le passeport.
Deuxième piège : les déductions fiscales vont se resserrer. Le gouvernement thaïlandais a annoncé une réforme des déductions pour l'année fiscale 2026 (déclarations déposées en 2027), portée par le ministre des Finances Ekniti Nitithanprapas après des recettes fiscales inférieures aux prévisions en 2025. Les déductions actuellement disponibles pourraient être réduites, ce qui augmentera mécaniquement la base imposable.
Troisième piège : la stabilité des règles est relative. Entre 2024 (nouvelle règle revenus étrangers) et les discussions de 2025 sur la période de grâce avortée, les règles thaïlandaises bougent régulièrement. Un suivi annuel avec un conseil fiscal local n'est pas du luxe.
Tu hésites encore entre la Thaïlande et d'autres destinations ? Le questionnaire QFR permet de comparer ton profil aux régimes fiscaux de plusieurs pays en quelques minutes.
Oui. Le seuil de 180 jours se calcule en cumulant tous les jours de présence physique sur l'année civile, qu'il s'agisse d'un séjour continu ou de multiples allers-retours. Trois séjours de 60 jours chacun atteignent donc le seuil. C'est la règle posée par le Revenue Department thaïlandais : aucune exigence de continuité n'est requise.
Non, sous conditions. Les revenus étrangers gagnés avant le 1er janvier 2024 et transférés en Thaïlande après cette date bénéficient toujours de l'ancienne règle : ils ne sont pas imposables. Seuls les revenus perçus à partir du 1er janvier 2024 sont soumis aux ordonnances Por. 161/162. Conserver une documentation claire sur l'origine et la date de constitution de ces économies est indispensable en cas de contrôle.
Oui, pour les profils éligibles. Le LTR Wealthy Global Citizen et le LTR Highly Skilled Professional donnent accès à un taux forfaitaire de 17 % sur les revenus de source étrangère rapatriés en Thaïlande, contre un taux marginal pouvant atteindre 35 % au barème progressif standard. L'avantage est réel sur des revenus élevés, mais l'éligibilité est soumise à des critères stricts (revenus minimum, qualifications). Vérifie les conditions actuelles sur le portail du Board of Investment thaïlandais (BOI).
Non, si tu es retraité de la fonction publique française ou que ta pension relève du champ d'application de l'article 23 de la convention fiscale France-Thaïlande. Les pensions privées et publiques françaises déjà soumises à imposition en France bénéficient de la méthode d'exemption : la Thaïlande ne les impose pas et ne t'oblige pas à les déclarer au Revenue Department. C'est une confirmation officielle des autorités thaïlandaises. Pour des revenus mixtes (pension + dividendes + loyers), la situation se complique et nécessite une analyse au cas par cas.
Le Revenue Department peut auditer jusqu'à 5 ans d'historique (10 ans en cas de fraude suspectée). Conserve les relevés bancaires détaillés de tous tes comptes étrangers, les preuves de la date d'encaissement de chaque revenu, les justificatifs de transferts vers la Thaïlande, et les déclarations fiscales françaises pour les années concernées. Le CRS transmet automatiquement les soldes de tes comptes étrangers aux autorités thaïlandaises : pars du principe que ces informations sont disponibles, pas qu'elles sont invisibles.
Oui. Le seuil de 180 jours se calcule en cumulant tous les jours de présence physique sur l'année civile, qu'il s'agisse d'un séjour continu ou de multiples allers-retours. Trois séjours de 60 jours chacun atteignent donc le seuil. C'est la règle posée par le Revenue Department thaïlandais : aucune exigence de continuité n'est requise.
Non, sous conditions. Les revenus étrangers gagnés avant le 1er janvier 2024 et transférés en Thaïlande après cette date bénéficient toujours de l'ancienne règle : ils ne sont pas imposables. Seuls les revenus perçus à partir du 1er janvier 2024 sont soumis aux ordonnances Por. 161/162. Conserver une documentation claire sur l'origine et la date de constitution de ces économies est indispensable en cas de contrôle.
Oui, pour les profils éligibles. Le LTR Wealthy Global Citizen et le LTR Highly Skilled Professional donnent accès à un taux forfaitaire de 17 % sur les revenus de source étrangère rapatriés en Thaïlande, contre un taux marginal pouvant atteindre 35 % au barème progressif standard. L'avantage est réel sur des revenus élevés, mais l'éligibilité est soumise à des critères stricts (revenus minimum, qualifications). Vérifie les conditions actuelles sur le portail du Board of Investment thaïlandais (BOI).
Non, si tu es retraité de la fonction publique française ou que ta pension relève du champ d'application de l'article 23 de la convention fiscale France-Thaïlande. Les pensions privées et publiques françaises déjà soumises à imposition en France bénéficient de la méthode d'exemption : la Thaïlande ne les impose pas et ne t'oblige pas à les déclarer au Revenue Department. C'est une confirmation officielle des autorités thaïlandaises. Pour des revenus mixtes (pension + dividendes + loyers), la situation se complique et nécessite une analyse au cas par cas.
Le Revenue Department peut auditer jusqu'à 5 ans d'historique (10 ans en cas de fraude suspectée). Conserve les relevés bancaires détaillés de tous tes comptes étrangers, les preuves de la date d'encaissement de chaque revenu, les justificatifs de transferts vers la Thaïlande, et les déclarations fiscales françaises pour les années concernées. Le CRS transmet automatiquement les soldes de tes comptes étrangers aux autorités thaïlandaises : pars du principe que ces informations sont disponibles, pas qu'elles sont invisibles.
Les chiffres complets La Thaïlande (fiscalité, visa, coût de la vie, comparaison avec la France) sont sur la fiche Thaïlande.