Nicolas
Spécialiste fiscalité & démarches expatriation
En bref
L'impôt revenu étranger Thaïlande repose sur un principe territorial : si tu es résident fiscal (180 jours ou plus par an) et que tu rapatries des revenus étrangers, ils sont imposés l'année du transfert, au barème progressif 0-35%. Les revenus jamais transférés restent exonérés. Le visa LTR ouvre une exonération totale pour certains profils. La règle Por.161/162 est en vigueur depuis 2024 sans période de grâce.
Tu passes 180 jours ou plus en Thaïlande et tu touches des revenus à l'étranger ? L'impôt revenu étranger Thaïlande te concerne directement. Depuis les ordonnances Por.161/162 de 2024, la règle a changé : ce n'est plus l'année de perception qui compte, c'est l'année du rapatriement. Voici ce que ça implique concrètement, chiffres à l'appui.
La règle est mécanique : 180 jours de présence physique sur le sol thaïlandais au cours d'une même année civile, et tu es résident fiscal. Peu importe ton visa, ta nationalité, ou le fait que tu sois propriétaire ou locataire. Le seuil est 180 jours, pas 181, et il s'applique du 1er janvier au 31 décembre.
Pour en savoir plus sur les implications pratiques de ce statut, consulte l'article dédié à la résidence fiscale Thaïlande : 180 jours et après ?
Les non-résidents, eux, ne sont imposés qu'sur leurs revenus de source thaïlandaise (salaires locaux, loyers, dividendes sur actions thaïlandaises, etc.).
Le système thaïlandais est territorial. Les revenus de source étrangère ne sont imposables que si deux conditions sont réunies : tu es résident fiscal ET tu rapatries l'argent en Thaïlande.
Les revenus que tu laisses à l'étranger, dans un compte bancaire étranger, ne sont pas imposés. Jamais. C'est la colonne vertébrale du dispositif.
Depuis les ordonnances Por.161/162 du Revenue Department, en vigueur pour l'année fiscale 2024 et suivantes, le moment qui déclenche l'imposition est le rapatriement, quelle que soit l'année où ces revenus ont été perçus. Tu as épargné pendant dix ans, tu transfères en 2025 : c'est en 2025 que tu déclares. L'ancienne règle qui n'imposait que les revenus perçus et transférés la même année civile ne s'applique plus.
Une proposition de 2025 voulait instaurer une période de grâce de deux ans avant taxation. Elle n'a pas été adoptée : la dissolution de la Chambre des représentants avant les élections de 2026 a mis le projet en pause. Por.161/162 reste donc en vigueur telle quelle.
Les revenus rapatriés sont taxés au barème progressif de l'impôt sur le revenu des personnes physiques (PIT). Les tranches 2026 :
En pratique, avec un revenu rapatrié de 50 000 EUR équivalent, le taux effectif ressort autour de 15,7%. À 100 000 EUR, il monte à 22,5%. À 200 000 EUR, à 28,1%. Ces taux effectifs tiennent compte de la progressivité et des abattements standard.
Les plus-values et dividendes issus d'investissements thaïlandais suivent ce même barème progressif, en vertu de la Section 40(4) du Revenue Code.
Oui, dans certains cas. La Thaïlande a conclu des conventions fiscales bilatérales, dont une avec la France. Ces conventions peuvent attribuer le droit d'imposer un revenu à un seul des deux pays, ou prévoir des mécanismes d'élimination de la double imposition.
Cas concret : les pensions de retraite françaises. En février 2026, l'ambassade de France en Thaïlande a publié un communiqué détaillé clarifiant l'application de la convention franco-thaïlandaise à ces pensions, après plusieurs échanges avec les autorités thaïlandaises. Ce travail de clarification montre que le sujet est loin d'être automatique.
Pour bénéficier de l'exonération prévue par la convention, il faut être en mesure de justifier, sur demande de l'administration fiscale thaïlandaise, que ces revenus ont bien été imposés en France. Les justificatifs doivent être traduits en thaï. C'est un point opérationnel que beaucoup négligent.
En 2026, des comptables locaux demandent à leurs clients des justificatifs remontant à plusieurs années. L'incertitude sur les règles applicables aux revenus étrangers est croissante. Se préparer à documenter son historique fiscal, c'est non négociable.
C'est la question que posent beaucoup d'expatriés fortunés. Réponse : oui, sous conditions strictes.
Le visa LTR (Long-Term Resident) accorde une exonération totale d'impôt sur le revenu des personnes physiques pour les revenus étrangers rapatriés en Thaïlande. Cela concerne plusieurs catégories :
Les professionnels hautement qualifiés bénéficient également d'un taux réduit d'impôt sur les revenus de source thaïlandaise. Le LTR est administré par le Board of Investment (BOI), et les critères d'éligibilité sont précis : seuils de patrimoine ou de revenus, couverture santé obligatoire, investissements qualifiants en Thaïlande pour certaines catégories.
Pour les démarches de séjour long terme associées, l'article sur le permis de séjour Thaïlande détaille les procédures.
Le formulaire de déclaration annuelle est le PND 91 (pour les revenus de type salaires, pensions, etc.). Il couvre l'année civile (janvier-décembre). Pour certaines catégories de revenus relevant des sections 40(5) à 40(8) du Revenue Code, une déclaration semestrielle optionnelle existe, à déposer avant le 30 septembre.
Depuis 2026, le cadre s'est durci. Nouvelles obligations déclaratives, suppression de l'exonération de TVA sur les importations inférieures à 1 500 bahts (en vigueur depuis le 1er janvier 2026) : le signal est clair. L'administration thaïlandaise renforce son dispositif de contrôle, et les règles évoluent fréquemment. Compte sur des amendements significatifs presque chaque année ou tous les deux ans.
Si tu envisages de t'installer, commence par avoir une vision claire de ta situation globale. Le questionnaire QFR permet d'identifier les points de friction selon ton profil de revenus et ton pays d'origine.
Pour aller plus loin sur la fiscalité des revenus étrangers en 2024, l'article fiscalité Thaïlande revenus étrangers 2024 couvre en détail les ordonnances Por.161/162 et leurs effets pratiques. Et si tu compares avec d'autres destinations asiatiques à fiscalité territoriale, l'article sur la fiscalité territoriale de Hong Kong est un bon point de comparaison.
Pour tout ce qui touche à la vie quotidienne une fois installé, consulte le guide complet pour s'expatrier en Thaïlande.
Non. Les revenus de source étrangère que tu ne rapatries jamais en Thaïlande restent totalement exonérés d'impôt thaïlandais, même si tu es résident fiscal. C'est le principe territorial du système : l'imposition ne se déclenche qu'au moment du transfert vers un compte thaïlandais. Laisse tes revenus dans un compte étranger, et l'administration thaïlandaise n'a aucun droit d'imposition sur ces sommes.
C'est le point le plus sensible en 2026. La règle Por.161/162 est claire sur un point : c'est l'année du rapatriement qui détermine l'imposition, quelle que soit l'année de perception. En théorie, des économies constituées en 2015 et transférées en 2025 seraient imposables en 2025. En pratique, l'interprétation pour les revenus pré-2024 fait l'objet de débats entre fiscalistes. Aucune période de grâce n'a été adoptée. Consulte un comptable thaïlandais agréé avant tout transfert significatif de fonds anciens.
Pas nécessairement, grâce à la convention fiscale franco-thaïlandaise. Selon les modalités de la convention, la France peut conserver le droit exclusif d'imposition sur certaines pensions. Mais pour en bénéficier concrètement, tu dois être capable de prouver à l'administration thaïlandaise que ces pensions ont été imposées en France. Les justificatifs requis (avis d'imposition, attestations fiscales) doivent être traduits en langue thaï. L'ambassade de France à Bangkok a publié en février 2026 un communiqué précisant les règles applicables : c'est le document de référence à avoir.
Oui, pour les catégories éligibles : citoyens fortunés, retraités fortunés, et professionnels hautement qualifiés travaillant depuis la Thaïlande. L'exonération porte sur les revenus étrangers transférés en Thaïlande, ce qui constitue un avantage majeur par rapport au régime standard. En contrepartie, le LTR impose des critères d'entrée stricts (patrimoine minimum, couverture santé internationale, et pour certaines catégories, des investissements qualifiants en Thaïlande). Le BOI reste la source officielle pour vérifier les seuils à jour.
Avec un montant rapatrié de cet ordre, le taux effectif se situe entre 15,7% (constaté à 50 000 EUR équivalent) et 22,5% (à 100 000 EUR équivalent). Pour 80 000 EUR, situe-toi dans la fourchette basse de cet intervalle. Le barème progressif commence à 0% sur la première tranche et monte par paliers jusqu'à 35% au-delà de 5 000 000 THB. Les abattements applicables (abattement général, abattements familiaux) réduisent la base imposable avant application du barème : un comptable local peut calculer le montant précis selon ta situation personnelle.
Non. Les revenus de source étrangère que tu ne rapatries jamais en Thaïlande restent totalement exonérés d'impôt thaïlandais, même si tu es résident fiscal. C'est le principe territorial du système : l'imposition ne se déclenche qu'au moment du transfert vers un compte thaïlandais. Laisse tes revenus dans un compte étranger, et l'administration thaïlandaise n'a aucun droit d'imposition sur ces sommes.
C'est le point le plus sensible en 2026. La règle Por.161/162 est claire sur un point : c'est l'année du rapatriement qui détermine l'imposition, quelle que soit l'année de perception. En théorie, des économies constituées en 2015 et transférées en 2025 seraient imposables en 2025. En pratique, l'interprétation pour les revenus pré-2024 fait l'objet de débats entre fiscalistes. Aucune période de grâce n'a été adoptée. Consulte un comptable thaïlandais agréé avant tout transfert significatif de fonds anciens.
Pas nécessairement, grâce à la convention fiscale franco-thaïlandaise. Selon les modalités de la convention, la France peut conserver le droit exclusif d'imposition sur certaines pensions. Mais pour en bénéficier concrètement, tu dois être capable de prouver à l'administration thaïlandaise que ces pensions ont été imposées en France. Les justificatifs requis (avis d'imposition, attestations fiscales) doivent être traduits en langue thaï. L'ambassade de France à Bangkok a publié en février 2026 un communiqué précisant les règles applicables : c'est le document de référence à avoir.
Oui, pour les catégories éligibles : citoyens fortunés, retraités fortunés, et professionnels hautement qualifiés travaillant depuis la Thaïlande. L'exonération porte sur les revenus étrangers transférés en Thaïlande, ce qui constitue un avantage majeur par rapport au régime standard. En contrepartie, le LTR impose des critères d'entrée stricts (patrimoine minimum, couverture santé internationale, et pour certaines catégories, des investissements qualifiants en Thaïlande). Le BOI reste la source officielle pour vérifier les seuils à jour.
Avec un montant rapatrié de cet ordre, le taux effectif se situe entre 15,7% (constaté à 50 000 EUR équivalent) et 22,5% (à 100 000 EUR équivalent). Pour 80 000 EUR, situe-toi dans la fourchette basse de cet intervalle. Le barème progressif commence à 0% sur la première tranche et monte par paliers jusqu'à 35% au-delà de 5 000 000 THB. Les abattements applicables (abattement général, abattements familiaux) réduisent la base imposable avant application du barème : un comptable local peut calculer le montant précis selon ta situation personnelle.
Les chiffres complets La Thaïlande (fiscalité, visa, coût de la vie, comparaison avec la France) sont sur la fiche Thaïlande.